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Surmonter une relation abusive
Surmonter une relation abusive La victime d'une relation abusive souhaite comprendre pourquoi elle a été abusée.

Tant que cette question ne trouve pas de réponse, la victime se culpabilise. A travers la confrontation avec l'abuseur, la victime espère guérir ses meurtrissures.
Si l'abuseur exprime le besoin d'expier ses fautes, la victime pourra lui pardonner et repartir dans la vie.

Cette attente est généralement vaine car l'abuseur n'a pas la même disposition d'esprit. Il ne ressent aucune compassion envers sa victime et ne souhaite aucune confrontation.

La plupart du temps, il nie avoir commis les actes qui lui sont reprochés. Et, comble de l'impudence, il insinue parfois que c'est lui la victime !

Cette attitude défiante sème le doute.

Et si la victime n'est pas celle que l'on croit ?

Les observateurs neutres risquent de se fourvoyer et de prendre parti pour l'abuseur.

Face à la suspicion générale, les convictions intimes de la victime s'ébranlent aussi.

Pourquoi ne serais-je pas aussi responsable ?

La confusion provoquée par les fausses accusations, met en évidence les moyens limités dont dispose la justice et sa cohorte d'experts pour dénouer ce genre de problème.

En l'absence de témoins directs, il est particulièrement difficile d'établir la véracité des faits. Par ailleurs, il y a une espèce de méfiance naturelle à l'égard de la souffrance de la victime rendant sa condition suspecte.

La problématique du harcèlement sur le lieu de travail illustre parfaitement ce phénomène. Lorsqu'un employé subi un abus psychologique, il est plus facile d'éluder le problème en lui attribuant une vulnérabilité antécédente, plutôt que de considérer que ses troubles proviennent effectivement du harcèlement.

Reconnaître l'abus autoriserait l'employé à revendiquer le droit d'être malade et de s'absenter pour se faire soigner. En outre, il pourrait réclamer des dommages et intérêts pour le tort subi et éventuellement inspirer des vocations similaires chez ses collègues.

Pour préserver la paix du travail, moteur de l'économie, personne n'a réellement intérêt qu'un tel marasme se produise.

Ainsi la victime du harcèlement se verra, dans les meilleurs des cas, reprocher un manque de résistance au stress et la plupart du temps il sera considéré comme une personnalité difficile voir problématique. Tous ces défauts étant de nature à justifier un juste licenciement.

Ceci ne met pas du baume au cœur de la victime. Au contraire, il constate que son besoin de réparation loin de lui faire retrouver sa dignité le condamne irrémédiablement.

Quand la justice n'est pas en mesure de sanctionner le comportement de l'abuseur, la victime risque de se faire justice elle-même. Ce qui offrira alors un prétexte à l'abuseur pour justifier ses airs de martyr.

Par le fait que l'abuseur ne désire pas de confrontation avec sa victime, nous pouvons en déduire qu'il ne ressent pas le besoin de faire le deuil de l'épreuve qu'il prétend avoir subi.

Comme nous le savons, la vraie victime remue dans sa tête toujours la même question.

Pourquoi mon agresseur a t'il agi de la sorte ?

Cette question, l'abuseur ne se la pose pas.

La victime ressent également le besoin de dépasser le stade du ressentiment à travers le pardon.

Cette nécessité est totalement absente chez l'abuseur.

Constater l'absence des symptômes habituellement manifestés par une victime devrait constituer un indice de mauvaise foi accablant.

Après avoir vu de quelle manière l'auteur d'un abus peut essayer de retourner la situation à son avantage, il nous reste à considérer l'éventualité, assez peu fréquente, où l'abuseur reconnaît ses fautes.

Même dans ce cas, rares sont les victimes qui ressortent d'une confrontation avec leur abuseur l'esprit totalement libéré. Très souvent les aveux ne satisfont pas. Soit parce qu'ils manquent de conviction ou que la manière de les exprimer ne convainc pas. A la place de produire un soulagement, ils écœurent. A la place d'atténuer le chagrin, ils le renforcent.

La victime se rend compte que personne ne peut se mettre sa place, elle reste seule avec sa douleur.

Compte tenu de ces difficultés, la victime se trouve souvent dans la pénible situation de devoir refouler ses émotions.

Ce qui conduit à l'aggravation de son mal. La solution de l'oubli ne fonctionne pas tant que les épisodes douloureux n'on pas été évacués du mental.

Laisser l'abuseur à son triste sort

Le seul aspect positif, pour une victime intelligente, est de constater l'inefficacité de sa démarche.

Est-ce que la présence de l'abuseur, de témoins, d'experts et même de la justice est vraiment nécessaire pour faire le deuil?

Osons une réponse négative.

L'effet de l'abus se perpétue tant que la dépendance envers l'abuseur subsiste.

Pour se soustraire à cette influence perturbatrice la victime doit se rendre compte que seul le pardon inconditionnel lui permettra de tourner la page et de prendre son destin en main.

 

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