| |
|
|
|
|
Surmonter une relation abusive |
|
|
Freemind Communications
|
Différentes alternatives s’offrent aux personnes soucieuses de surmonter une relation abusive. Nous entendons par « surmonter » la capacité de dépasser le stade de la haine et du ressentiment pour
tourner la page
.
La confrontation avec l’abuseur
Les victimes d’abus souhaitent généralement comprendre pourquoi. Tant que cette question ne trouve pas de réponse, la victime se culpabilise. A travers la confrontation avec le responsable de l’abus, la victime espère évacuer les meurtrissures de l’âme et du corps.
Ce désir légitime se base sur l’espoir que l’abuseur fasse son mea-culpa, qu’il exprime le besoin d’expier ses fautes et qu’il implore le pardon. Une demande de pardon que la victime juge nécessaire, pour elle-même pardonner et repartir dans la vie.
Malheureusement, cette attente est souvent vaine.
L'abuseur a rarement la même disposition d'esprit et même sa version des événements diffère. C’est pourquoi il ne souhaite généralement aucune confrontation avec sa victime. Non seulement il ne ressent aucune compassion envers elle, mais de plus, il nie souvent avoir commis les actes qu’on lui reproche. Et comble de l’impudence, il insinue parfois que la seule victime c’est lui.
Qui est la victime
Quand l’abuseur contre-attaque et prétend avoir subi les abus qu’il a perpétrés, la situation débouche forcément sur une impasse.
L’abuseur sème le doute dans les esprits les mieux disposés.
Et si l’abuseur n’est pas celui que l’on croit ?
Qui dit la vérité ?
Qui est la victime ?
Qui est l’abuseur ?
Face à ces interrogations, les observateurs neutres ont tendance à ne pas le rester longtemps. Ils prennent parti et le risque d’erreur aboutit parfois à l'injustice.
Face à la suspicion générale, les convictions intimes de la victime s’ébranlent parfois.
Pourquoi ne serais-je pas aussi responsable ?
La confusion, provoquée par les fausses accusations, met en évidence les moyens limités dont dispose la justice et
sa cohorte d'experts pour dénouer ce genre de problème.
En l’absence de témoins directs, il est particulièrement difficile d’établir la véracité des faits. Par ailleurs, il y a une espèce de méfiance naturelle à l’égard de la souffrance de la victime et qui rend sa condition suspecte. Pourquoi le nier? A quelque part la douleur des autres dérange.
La problématique du harcèlement sur le lieu de travail illustre parfaitement ce phénomène. Lorsqu’un employé subi une forme d’abus psychologique, il est plus facile d’éluder le problème en attribuant à la victime une vulnérabilité antécédente, plutôt que de considérer que ses troubles proviennent effectivement du harcèlement.
Pourquoi ?
Reconnaître l’abus autoriserait l’employé à revendiquer le droit d’être malade et de s’absenter pour se faire soigner.
En outre, il pourrait réclamer des dommages et intérêts pour le tort subi et éventuellement inspirer des vocations similaires chez ses collègues.
Or pour préserver la paix du travail, moteur de l’économie, personne n’a réellement intérêt qu’un tel marasme se produise.
Ainsi la victime du harcèlement se verra, dans les meilleurs des cas, reprocher un manque de résistance au stress ou une personnalité problématique, défauts suffisants pour justifier un juste licenciement.
Tout ceci ne met pas du baume dans le cœur de la victime. Il est regrettable qu’un appel à l’aide et un besoin de justice, ne fasse qu’enfoncer une victime, mais c’est malheureusement encore trop souvent le cas.
Par ailleurs, si la justice tarde ou n'est pas en mesure de sanctionner le comportement de l'abuseur, la victime peut elle-même devenir abusive en cherchant à se faire justice elle-même, ce qui augmentera la confusion et offrira un prétexte à l'abuseur pour justifier ses airs de martyr.
Donner le change
Une méthode relativement simple permettrait toutefois d’éclaircir un peu cette confusion.
A la place de se concentrer sur la recherche des preuves de l’abus, ne serait-il pas plus judicieux de se concentrer sur ses effets ?
Constatant que l’abuseur qui refuse de reconnaître ses méfaits ou qui se fait passer pour une victime, ne désire généralement pas être confronté à sa victime, ne pouvons nous pas en déduire logiquement que contrairement à la vraie victime il ne ressent pas le besoin de faire le deuil de sa prétendue épreuve ?
N'oublions pas qu'il vient de nier et d'accuser la vraie victime de lui avoir fait subir ce qu'elle lui reproche.
Par conséquent, nous pourrions supposer qu'il manifeste également les mêmes préoccupations.
Comme nous le savons, la vraie victime remue dans sa tête toujours la même question.
Pourquoi mon agresseur a t’il agi de la sorte ?
Cette question, l’abuseur ne se la pose évidemment pas. Sa seule préoccupation est de justifier ses accusations en les décrivant de la manière plus convaincante possible.
Comme nous l'avons vu, la victime ressent également le besoin de dépasser le stade du ressentiment à travers le pardon. Cette nécessité est totalement absente chez l’abuseur. S’il accorde le pardon pour des préjudices qu’il n’a pas subi, ce n’est pas pour éliminer un ressentiment mais pour
donner le change
.
Malgré la meilleure volonté du monde, les plus beaux menteurs ne parviennent pas à effacer toutes les incohérences de leur discours.
Constater chez une fausse victime l'absence des symptômes habituellement manifestés par une vraie victime est une preuve de leur mauvaise foi et de ce fait rend leur attitude plus que suspecte.
Après avoir vu de quelle manière l’auteur d’un abus peut essayer de retourner la situation à son avantage, il nous reste à considérer l’éventualité, assez peu fréquente, où l’abuseur reconnaît ses fautes.
Même dans ce cas, rares sont les victimes qui ressortent d’une confrontation avec leur abuseur l’esprit totalement libéré. Très souvent les aveux ne satisfont pas. Soit parce qu’ils manquent de conviction ou que la manière de les exprimer ne convainc pas. A la place de produire un soulagement, ils écœurent. A la place d’atténuer le chagrin, ils le renforcent.
La victime se rend compte que personne ne peut se mettre sa place, elle reste seule avec sa douleur.
Compte tenu de ces difficultés, la victime se trouve souvent dans la pénible situation de devoir refouler ses émotions.
Ce qui conduit à l’aggravation de son mal. La solution de l’oubli ne fonctionne pas tant que les épisodes douloureux n’on pas été évacués du mental.
Laisser l'abuseur à son triste sort
Le seul aspect positif, pour une victime intelligente, est de constater l’inefficacité de sa démarche.
Est-ce que la présence de l'abuseur, de témoins, d'experts et même de la justice est vraiment nécessaire pour faire le deuil?
L’effet de l’abus se perpétue tant que la dépendance envers l’abuseur subsiste. Cette dépendance s’accroît quand l’abuseur crée la confusion. Pour se soustraire à celle influence, une seule solution s’impose : prendre son destin en main et se défaire d’une relation déstabilisante et perturbatrice.
Il faut avoir le courage de laisser l’abuseur à son triste sort.
Comprendre que si le pardon est utile pour changer notre destin, il n'implique pas la présence de l'abuseur, mais que revivre nécessite dans tous les cas son absence.
D'autres articles similaires sont disponibles en cliquant sur l'adresse suivante: www.freemind.ch
Copyright © 2006 Freemind Communications |
|
|
|
|
|